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Le grand trail des TEMPLIERS par Yannick

C’est avec les jambes encore un peu lourdes mais des souvenirs plein les yeux que je vous fait partager le week-end aveyronnais passé avec Valentin. Nous arrivons en fin d’après midi sur Millau, et nous prenons conscience de l’ampleur de l’événement, la grosse machine du festival des Templiers s’offre à nous. Passage au retrait des dossards, nous sommes déjà gâtés, un petit bag en tissu nous est remis avec le maillot de l’édition 2023, un joli livre retraçant l’origine des Templiers, un calendrier à l’effigie du trail, de la bière et de la limonade locale et bien sur un morceau de Roquefort. Mais je stresse encore un peu, je me suis aperçu au travers de la conversation le long du voyage que j’avais oublié mes flasks à la maison, Valentin me rassure est dit qu’il y en aura sur le salon trail et effectivement je suis sauvé. Un petit tour du propriétaire plus tard nous rejoignons notre point de chute pour le week-end à Saint Affrique dans un petit quadruplex (notez que le jeune loup m’a laissé la chambre tout -en haut) bien cosi.

Une petite nuit, réveil à 3h et nous voilà passés en mode grand trail des Templiers, nous arrivons une heure avant le start, 5 degrés dehors, nous profitons encore quelques instants de la chaleur de l’habitacle mais l’heure approche et nous regagnons la ligne de départ. Nous prenons place dans la première vague, dossard 1 à 900, il y aura 2 autres vagues pour faire partir les 2500 inscrits sur cette course. Le speaker prend la parole, et passe le micro à un proche de Charlotte, traileuse de 37 ans qui s’est éteinte sur l’endurance trail (105 km), un hommage émouvant lui est rendu, comment ne pas penser à notre copain Jean-Marc à ce moment la. Le silence règne dans le sas de départ, la chanson d’Era (Ameno) retentit et le compte à rebours est lancé dans une ambiance des grand jours, il est 5h15 du mat. Le peloton s’étire sur la route pendant 4km, ça vous dérouille les guiboles et nous prenons un bon rythme pour se placer avant la première bosse, dans celle ci, ça cause un peu et avec Valentin on entend qu’il ne faut pas se griller trop vite car à partir du km 64 les choses sérieuses commencent. Malgré ça le parcours pas trop technique du début sur de belle pistes forestières sur les 30 premiers vont me laissés des traces car je le sais au fond de moi, je suis parti à peine trop vite, au contraire de Valentin qui était dans sa zone de confort, bien lui en a pris. Le temps file, nous arrivons ensemble au premier village traversé (km23), premier ravito liquide, les spectateurs sont en feux et nous encouragent, ça nous réchauffe. Après avoir fait le plein des flasques, je laisse Valentin partir, je reprends un rythme plus calme, l’expérience sans doute. Depuis le 13ème kilomètre nous enchaînons les monotraces et ça va durer jusqu’à la fin, incroyable. Le premier ravito solide est au kilomêtre 35 ( c’est loin, je vous l’accorde), j’y retrouve le jeune loup mais à mon arrivée lui repart déjà. Il est temps d’éteindre les frontales, la collation me fait du bien, le ravito est copieux et il y a de tout, salé sucré, je me refais la cerise avec du bouillon bien chaud. Je repars tranquillement, le passage au dessus des gorges du Tarn que nous distinguons en fond de vallée est top, et le merveilleux arrive, des passages en bord de corniches somptueux, la mer de nuage au dessus de la vallée de la Dourbie, on en prend plein les yeux. J’ai un gros passage a vide du 45ème kilo au 57ème, ravito numéro 2 où je me pose un peu pour retrouver un semblant de mieux, je me fais un petit repas, m’assoie un coup, et me dis que le plus dur est à venir, je repense à tous les copains qui sont à la Réunion et qui en ont bavé pendant 18 ou 44h, je ne peux pas me plaindre, j’ai mal aux quadriceps, j’ai des crampes aux adducteurs, mais je suis pas blessé donc je serre les dents et reprend ma marche en avant et nous voilà arrivée au 64ème kilomètre, le plat de résistance, c’est l’enchaînement de trois descentes techniques et de deux bosses dont un terrible appelé le Pouncho d’Agast. Apres une longue descente, nous arrivons à Massabiau, charmant village Aveyronnais à l’ambiance toujours aussi bonne, gros barbecue à côté du point d’eau et nous attaquons l’avant dernière bosse par une route à 25% histoire de bien confirmer ce qui se disait au début, les deux dernière bosses sont copieuses, malgré ça, cette bosse passe bien, nous arrivons au Cade, dernier ravito dans une superbe ferme typique des causses aveyronnais. Nous entamons l’avant dernière descente bien raide, bifurquons sur un monotrace en balcon avec vue sur Millau et son viaduc et c’est le hors-d’oeuvre des templiers, le fameux POUNCHO D’AGAST, et ses petits malins ont décidé d’y mettre un segment chronométré. C’est bien vertical, la fin ressemble plus à de l’escalade qu’à du trail mais après ça, l’arrivée n’est séparé que d’une descente. Et quelle descente, la première partie qui nous fait passer dans une grotte est très raide et finie de me casser les quadris, mais la deuxième partie moins technique me permet de laisser mes compagnons de route et c’est tous seul que je passe la ligne d’arrivée dans une ambiance de folie, j’ai plus mal aux jambes, pendant une minute. Mon temps de 12h17 (663ème place) est un peu plus élevé que ce que je pensais réaliser, mais il est en adéquation avec la forme du moment et le départ un peu rapide me laisse à penser que le moins de 12h était réalisable, pourtant je garderai de ce grand trail des Templiers un super souvenir. C’est le trail qui était en haut de ma liste, le premier d’une telle ampleur avec un nombre de participants si grand, une grosse machine très bien huilée, vue le nombre de parcours proposé, je pourrais revenir y traîner mes grolles. Quant au jeune loup, il a super gazé, avec un finish tout en gestion ou il ramasse tous ceux qui se sont grillés en début de parcours. Il boucle son aventure en 11h21 à la 411ème place. Tout comme moi il a été enchanté du parcours, le plateau du Larzac, ces rochers énormes, courir au dessus de la mer de nuage , les monotraces du causse noir, tout y était réuni pour prendre un réel plaisir à fouler ces chemins exigeants mais magnifiques.

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